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Portrait Maryse ATHOR



Maryse ATHOR est directrice du pôle Hébergement de stabilisation depuis janvier 2011


1/ Comme pour chaque “portrait”, pouvez-vous commencer par quelques mots sur vos expériences passées, dans le social ou ailleurs ?

Après une expérience dans le secteur médico-psychologique en tant que secrétaire, je me suis orientée en 1995 vers le milieu associatif. J’ai intégré le milieu de l’éducation populaire dans la prévention toxicomanie-sida et travaillé durant 14 ans à la Goutte d’Or (Paris 18). C’est là qu’a commencé mon engagement dans des actions de lutte contre les exclusions pour un public précarisé et très désocialisé. C’est également là que s’est fait mon évolution de carrière pour devenir directrice. J’ai accompagné cette association vers le secteur médico-social où les services d’origine sont devenus des CAARUD et CSAPA. Ensuite, mes premiers pas dans l’hébergement ont eu lieu dans un CHRS pour femmes victimes de violences conjugales; puis, après un retour dans le milieu de l’éducation populaire auprès d’enfants, pour développer des actions de formation et projets de terrain, j’ai intégré le CASP fin novembre dernier.

2/ Vous remplacez David Berly à la direction du pôle Stabilisation depuis déjà plusieurs mois. Avez-vous déjà apporté des changements ou des améliorations dans le fonctionnement des structures d’accueil ou dans d’autres domaines ?

David Berly a posé la fondation et une des priorités de ma mission a consisté à mettre de la cohérence et de la cohésion entre les 3 CHS; En effet, le pôle s’est créé autour de 3 centres issus d’une histoire différente, avec des modèles qui leur sont propres. Cela en fait une originalité, mais l’urgence était de mettre de l’harmonie dans tout cela pour forger le projet du pôle. Pour cela, il a fallu rapidement avec les équipes engager les travaux sur le projet d’établissement; outil qui se veut consensuel et indispensable à tous, pour donner du sens à l’action, déterminer les objectifs et perspectives du pôle. La réflexion engagée aujourd’hui vise à la fois, la clarification de la stabilisation, du public accueilli et de l’accompagnement social dans son volet transversal. Il convient cependant, de respecter la singularité de chaque centre. De plus, mon objectif est de légitimer au sein du pôle, la nécessaire dynamique collective et individuelle de la stabilisation, favorable à la resocialisation et à l’émergence du projet de vie des personnes. A ce jour, il y a des disparités de moyens entre les 3 CHS, ce qui suppose à la fois : favoriser la mutualisation des actions entre CHS, développer des partenariats adaptés aux besoins, et ancrer leur inscription dans le territoire d’implantation. Tout ce travail de fond doit se faire progressivement, en repérant les besoins et les priorités pour les équipes et les résidents. Nous y arrivons pas à pas, car il y a du potentiel dans chaque équipe.

3/ L’aggravation de la situation générale (chômage, etc.) se ressent-elle dans le profil des personnes que vous accueillez? Rencontrez-vous des problématiques plus lourdes ? N’avez-vous pas de plus en plus de difficultés à préparer leur sortie des centres d’hébergement,

La stabilisation a pour mission d’accueillir un public en situation de grande exclusion, c’est-à-dire le plus éloigné des dispositifs de droits communs. Nous recevons des situations complexes, pour lesquelles il faut accepter l’idée d’un parcours chaotique et d’une évolution ponctuée d’allers retours. Certaines personnes ont de longues années de rue. Les parcours de vie sont souvent semés d’embûches et, nous ne pouvons espérer pour tous le même degré d’autonomie ou niveau de réinsertion. L’une des priorités de la stabilisation vise à lutter contre les représentations stigmatisant ces personnes et qui ont de lourdes conséquences sur l’estime de soi; la reconstruction identitaire est un des socles de l’intervention. Dans certains cas, les solutions vers la sortie sont freinées par les moyens économiques, l’âge et/ou la situation administrative des personnes, ce qui oblige à devoir démultiplier les partenariats. Mais la question de l’exclusion et les réponses apportées restent un enjeu entier pour la société et l’avenir que nous lui souhaitons.

 

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