Caroline PAUMIER travaille au foyer Les Maraîchers depuis 2002. Elle est chef de service depuis novembre 2008
1/ Comment a débuté votre parcours professionnel au CASP ? Que faisiez- vous avant ?
Durant mes études d’infirmière au Havre, j’ai rapidement constaté que le milieu hospitalier était très éloigné de mes attentes, notamment sur le plan humain. Les patients dépressifs, désocialisés ou âgés étant clairement délaissés par le personnel soignant. Une fois diplômée, je me suis logiquement orientée vers la Santé Publique, d’abord dans le milieu scolaire, puis j’ai rejoint la Mission France de Médecins sans Frontières, où mon rôle relevait de l’accès aux soins et la gestion des risques auprès des toxicomanes, notamment via des maraudes et des consultations de prévention.
Recrutée en juin 2002 par la directrice de l’époque, Danielle GODON, afin d’assurer une « écoute santé » auprès des résidents de Maraîchers, mon poste a progressivement évolué vers de l’interface santé et de la gestion administrative, pour aboutir à celui de chef de service, lors de la création des Pôles en novembre 2008.
2/ Le foyer Les Maraîchers a déjà une histoire. Où en est-il aujourd’hui de son évolution et quel pourrait être son avenir ? Quelles améliorations ou quels changements dans vos pratiques le regroupement en pôle « hébergements d’insertion » du foyer et des trois Caspotels depuis fin 2008 a-t-il apporté ?
Maraîchers est une structure fragile sur le plan du financement. En termes de fonctionnement ou de prix de journée, nous sommes très loin d’un CHU classique.
L’enjeu est donc d’augmenter notre capacité d’accueil pour « rationnaliser » les coûts et s’assurer ainsi de la pérennité des subventions DRIHL. Reste l’épineux problème du foncier sur Paris…
Nous ne pouvons exclure aujourd’hui un éventuel partenariat avec l’AP-HP, puisque nous représentons pour eux un intérêt majeur dans la gestion des sorties, de plus en plus précoces.
D’autres types de dispositifs (ACT par exemple) pourraient être créés afin de développer le champs médico-social au sein du CASP…
Le regroupement au sein du Pôle Insertion n’était pas gagné d’avance, Maraîchers étant une structure très spécifique de l’association. Pourtant, force est de constater aujourd’hui que le regroupement a été salutaire, notamment concernant l’orientation de nos résidents vers les CHRS du Pôle, ou en terme de logistique/RH. De même, nous avons pu travailler conjointement sur la mise en place (imminente) du SIAO et ses différentes répercussions sur notre travail au quotidien et nos conditions d’admission.
3/ Quel est le quotidien d’un chef de service dans une structure comme Les Maraîchers ?
Tout dépend des moments ! Et c’est sans doute l’intérêt du poste… Nous avons en charge des résidents aux problématiques complexes, mais l’équipe, présente depuis la création de la structure, est particulièrement autonome et efficace. La particularité de mon poste est d’assurer, en plus des fonctions d’encadrement, l’interface santé entre le médecin, l’hôpital et les résidents. Globalement, il faut surtout gérer les imprévus, apaiser les éventuelles tensions, et rester à l’écoute. Aujourd’hui, je suis dans une démarche de formation (Master MOSS) qui me permet d’acquérir des compétences supplémentaires, que je peux mettre en pratique au quotidien.
Je profite de ce passage au CASP Echos pour informer les autres structures que nous avons (enfin !) recruté une assistante sociale, Mélanie Waquet, bienvenue à elle !



