[CP] Journée internationale des droits de l’enfant : en France, des milliers d’enfants à la rue ou dans des hébergements précaires !

Alors que le pays célèbre le 30ème anniversaire de l’adoption de la Convention internationale des dr...

[TRIBUNE] Droit de l’enfant : « Nous sommes revenus en ce XXIe siècle au temps médiéval des Hôtel-Dieu »

Le Monde le 20/11/2019 Pour Antoine Durrleman et Louis Gallois, il s’agit d’une régression socia...

Ouverture au CASP de 90 places d'urgence hivernales

Ouverture au CASP de 90 places d'urgence hivernales

      Dans le cadre de l'ouverture de places hivernales du 1er novembre 2019 au 31...

  • [CP] Journée internationale des droits de l’enfant : en France, des milliers d’enfants à la rue ou dans des hébergements précaires !

  • [TRIBUNE] Droit de l’enfant : « Nous sommes revenus en ce XXIe siècle au temps médiéval des Hôtel-Dieu »

  • Ouverture au CASP de 90 places d'urgence hivernales

    Ouverture au CASP de 90 places d'urgence hivernales

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Alors que le pays célèbre le 30ème anniversaire de l’adoption de la Convention internationale des droits de l’enfant ce 20 novembre, les associations de solidarité constatent sur l’ensemble du territoire une dégradation de la situation des femmes et des familles avec enfants à la rue ou vivant dans des habitats précaires. Ainsi, à Paris, chaque soir, 700 enfants en famille sollicitent le 115 sans obtenir d’hébergement et vivent à la rue ou dans des habitats précaires. La situation est également dramatique en Seine-Saint-Denis avec chaque jour 160 enfants sans solution et plus de 5000 enfants hébergés à l’hôtel, dont la moitié ont moins de 3 ans.

Faute d’hébergement pérenne et d’accès au logement, 20 000 mineurs-es sont actuellement hébergés à l’hôtel en Ile-de-France, dans une situation de précarité extrême. Leurs besoins fondamentaux tels que l’accès aux soins, à une alimentation équilibrée, à la scolarité, aux loisirs, n’y sont pas satisfaits, laissant alors parfois des enfants séparés de leur famille du fait de l’inadaptation des solutions d’hébergement. La situation de ces enfants, contraints de dormir dans la rue ou dans des abris de fortune est intolérable !

Trop souvent, des femmes venant d’accoucher sont remises à la rue avec leur nouveau-né. Partout, des familles dont la demande d’asile n’a pas abouti sont contraintes de quitter leur lieu d’hébergement sans qu’aucune solution de relogement - en pleine trêve hivernale - ne leur soit proposée. A Marseille, depuis plusieurs mois, des centaines de mineur·e·s non accompagné·e·s dorment dans un squat en raison de la saturation du dispositif départemental de protection de l’enfance.

Cette situation indigne de la France, 6ème puissance économique mondiale et signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant, provoque des drames. Ainsi le 4 novembre dernier à Paris, une femme demandeuse d’asile, enceinte de jumeaux, a perdu l’un d’eux après un accouchement d’urgence à cinq mois de grossesse. Alors que les médecins lui avaient prescrit un alitement permanent, elle a passé six semaines à la rue, faute d’avoir pu être prise en charge dans une structure d’hébergement. Ce cas n’est pas isolé, le Collectif des morts de la rue ayant recensé le décès de 8 mineurs-es à la rue en 2019.

Face à cette crise humanitaire, nous demandons à l’Etat et aux Départements d’engager un plan d’urgence d’ouverture de places d’hébergement pérennes et de logements accessibles, avec un accompagnement, pour qu’aucun enfant ne soit contraint de dormir à la rue. Nous demandons que soit clairement introduit dans la loi, à côté du principe d’inconditionnalité de l’accueil, un droit à l’unité familiale. Nous demandons que les structures d’hébergement soient adaptées à l’accueil des enfants et de leur famille et que les droits fondamentaux à une vie digne, à la protection, à l’éducation de tous les enfants, quel que soit leur lieu de vie, soient garantis. Enfin, nous continuerons à défendre l’accès à un titre de séjour des familles hébergées permettant leur accès au logement et à l’emploi. La République a le devoir de garantir un avenir à tous ses enfants et la pleine effectivité de leurs droits.

Associations signataires :

Fédération des acteurs de la solidarité

Centre d’Action Sociale Protestant

Fondation Abbé Pierre

Fondation Armée du Salut

Enfants présents FIT, la Maison des femmes de Saint Denis et le CIDFF de Paris

Emmaüs Solidarité

Equalis

Ligue des droits de l’Homme

Hors la rue

Interlogement 93

Samusocial de Paris

Unicef France

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CONTACTS PRESSE :

Fédération des acteurs de la solidarité : Audrey-Jane Baldi ;  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ; 06.17.80.03.52

Centre d’Action Sociale Protestant : Sandrine Poutonnet ;  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ; 06.70.57.64.26

UNICEF France : Carine Spinosi ;  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ; 01.44.39.17.49

Le Monde le 20/11/2019

Pour Antoine Durrleman et Louis Gallois, il s’agit d’une régression sociale majeure qu’en France, on laisse de plus en plus d’enfants vivre dans la rue, expliquent dans une tribune au « Monde », les deux anciens grands commis de l’Etat.

Ce n’est pas à l’autre bout du monde que cela se passe. C’est dans les rues de nos villes, c’est sur leurs trottoirs, que chacun peut en faire le constat dramatique : jamais autant d’enfants, de nourrissons, de bébés, de femmes enceintes sans abri. Pas seulement en journée. Aussi les nuits. Les unes après les autres. Pendant des semaines et des semaines. Pendant des mois.

Ce 20 novembre sont célébrés les trente ans de la convention internationale des droits de l’enfant qu’a ratifiée la France. Elle a pris alors l’engagement solennel de protéger tous les enfants des risques de tous ordres qui peuvent les menacer. En ce jour anniversaire, nous voulons le dire haut et fort : notre pays faillit honteusement à cet engagement en acceptant de laisser à la rue toujours plus d’enfants.

Les chiffres sont tragiques. A Paris, 700 enfants en famille sollicitent chaque jour un hébergement au SAMU social en appelant le 115. En vain. Le seul Centre d’action sociale protestant (CASP), qui gère la plate-forme parisienne d’accueil des familles demandeuses d’asile, comptabilise depuis trois mois plus de 400 personnes en famille en permanence à la rue.

Un drame inacceptable

Un évènement insupportable s’est produit en octobre : une mère suivie par le CASP, enceinte de jumeaux, a perdu l’un d’entre eux après un accouchement d’urgence à cinq mois de grossesse. Les médecins lui avaient prescrit de garder impérativement le lit, mais elle avait passé six semaines à la rue, faute d’avoir pu être prise en charge dans une structure d’hébergement. Ce drame est inacceptable.

D’autres peuvent se produire à tout moment. Tout récemment encore, une jeune mère en errance a accouché à l’accueil physique de la plate-forme des familles demandeuses d’asile du CASP. L’aide à distance des équipes du SAMU a permis que cette fois tout se passe bien. Mais qu’en sera-t-il une prochaine fois ? Une tragédie qui se vit aussi à l’hôpital avec des mères seules en sortie de maternité sans solution de logement et des familles contraintes de dormir dans les salles d’attente pour se protéger de la rue.

Nous sommes revenus en ce XXIème siècle au temps médiéval des Hôtel-Dieu. Le ministère du logement a, certes, annoncé l’ouverture pour cet hiver de 14 000 places d’hébergement temporaires, soit la reconduction du dispositif de 2018. Des places qui n’ouvriront qu’en fonction de la chute des températures. Des places en nombre insuffisant et trop souvent inadaptées à l’accueil digne de familles avec de très jeunes enfants.

Un effort national contrôlé par le Parlement

Et voilà qu’en même temps on annonce aux associations un plafonnement des nuitées d’hôtel pour les familles en demande d’asile. La crise humanitaire actuelle en Ile-de-France va encore s’aggraver dans une spirale du pire. L’errance dans la rue de tous ces enfants et de ces familles est indigne de notre pays. Elle est totalement contraire aux principes qui fondent notre République et à nos engagements internationaux.

Nous appelons à un sursaut immédiat de tous. A une mobilisation nationale de l’Etat, des collectivités locales et de l’ensemble de la société pour qu’aucun enfant ne soit contraint de vivre à la rue. Fixons-nous collectivement l’objectif « zéro enfant à la rue ».

Donnons-nous-en les moyens à travers la programmation de centres d’hébergement pérennes adaptés à l’accueil des familles et la relance de la production de logements sociaux accessibles aux ménages les plus pauvres. L’effort doit être national, chiffré et contrôlé chaque année par le Parlement. Pour que notre pays soit enfin à la hauteur de son devoir d’humanité.

Antoine DURRLEMAN   Président du Centre d’action sociale protestant

Louis GALLOIS Président de la Fédération des acteurs de solidarité

 

 

 

Dans le cadre de l'ouverture de places hivernales du 1er novembre 2019 au 31 mars 2020,  le CASP a été retenu :

 

  • Par la DDCS 91 pour l'ouverture de 30 places adossées à la résidence Belle-Étoile Arapej 91

Vingt-six femmes et hommes isolés et deux couples seront hébergés dans des appartements diffus tous situés à Corbeil-Essonnes.

 

  • Par la Drihl 93  pour l'ouverture de 60 places réparties ainsi :

- 45 places pour des femmes et hommes isolés sur le site collectif de la rue des Vignes à Pantin

- 15 places prioritairement pour des femmes seules sortantes de maternité et des mères ou des pères seuls avec enfants, dans un pavillon à Aulnay-sous-Bois.

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