Dans son rapport d’évaluation sur “la politique publique de l’hébergement des personnes sans domicile”, rendu public jeudi 15 décembre, la Cour des comptes, garante de la bonne utilisation des deniers publics, préconise de consacrer plus de moyens en faveur de l’hébergement d’urgence.
Car, selon la Cour des comptes, les résultats attendus (sortir d’une logique saisonnière de gestion de crise et de favoriser la sortie vers un logement durable) après la réforme annoncée en 2009 par Benoist Apparu ne sont pas encore atteints.
Demandé par le président de l’Assemblée nationale, le rapport de la Cour relève les insuffisances de la politique du “logement d’abord” : statistiques obsolètes et études partielles sur les sans-abri, alors que cette population a fortement augmenté en dix ans et s’est profondément transformée.
La «stratégie de refondation» n’a pas non plus amélioré l’orientation des personnes sans abri, jugée encore “très imparfaite” par la Cour des comptes et les services intégrés d’accueil et d’orientation (SIAO) fonctionnent peu ou mal.
La saturation du 115 est aussi pointée puisque plus de la moitié des demandes d’hébergement faites le jour même ne sont pas satisfaites par manque de places disponibles.
Enfin, le recours aux nuitées d’hôtel, dont le coût pour le budget de l’état est très élevé, ne cesse d’augmenter.
La Cour reconnaît toutefois que la mise en œuvre de la réforme s’est faite dans une période difficile. Car la crise, en entraînant une forte augmentation des demandes d’hébergement (ménages précaires et demandeurs d’asile) a saturé le dispositif pourtant en forte augmentation.
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